Les six questions sont faites. Relisez maintenant avec le doigt : chaque réponse a sa phrase dans le texte.
תרגיל 1 מתוך 4
Texte
Pendant plus de deux cent mille ans, l'Europe et le Proche-Orient ont été habités par une humanité qui n'est pas la nôtre. Les Néandertaliens y taillaient des outils, y enterraient parfois leurs morts, y ont traversé plusieurs glaciations. Puis, il y a environ quarante mille ans, ils disparaissent — et la date de leur disparition suit de peu celle de l'arrivée en Europe des premiers hommes venus d'Afrique. Une coïncidence aussi nette a longtemps suffi : nos ancêtres les auraient éliminés, par les armes ou par la concurrence, et l'affaire aurait été réglée en quelques siècles. Cette explication a d'autant mieux tenu qu'elle s'accordait à l'image qu'on se faisait de l'espèce disparue, celle d'une humanité lourde et lente, condamnée d'avance par plus habile qu'elle.
Trois séries d'arguments la soutenaient. Les dates d'abord : les derniers sites néandertaliens connus et les premiers sites de notre espèce en Europe paraissaient se succéder presque sans recouvrement, ce qui suggérait un remplacement rapide. Les outils ensuite : aux racloirs et aux pointes néandertaliens succèdent des lames fines, des harpons, des aiguilles à chas, un outillage plus varié et plus économe de matière. Le reste enfin, ou plutôt son absence : on ne connaissait chez Néandertal ni peinture, ni parure, ni instrument de musique, alors que les nouveaux venus en laissaient partout. Cette troisième série était la plus faible en logique — elle raisonnait sur ce qu'on n'avait pas trouvé — et c'est pourtant elle qui portait le plus, parce qu'elle donnait à la disparition l'allure d'une conséquence méritée.
Les fouilles de la fin du vingtième siècle ont défait cette troisième série pièce à pièce. On a trouvé dans des couches néandertaliennes des coquillages percés et colorés, des blocs d'ocre usés comme des crayons, des plumes de rapace prélevées d'une manière qui n'a aucun usage alimentaire, et des foyers aménagés au fond de grottes. L'infériorité supposée s'est dissoute, et avec elle la raison qu'on croyait avoir de les tenir pour condamnés. En deux mille dix, l'analyse du génome néandertalien, menée par l'équipe de Svante Pääbo, a produit un résultat que personne n'attendait : tous les êtres humains dont les ancêtres ont quitté l'Afrique portent aujourd'hui une petite fraction d'ADN néandertalien. Les deux populations ne se sont donc pas seulement croisées, elles se sont mêlées, et Néandertal n'a pas entièrement disparu puisqu'il subsiste dans nos génomes. L'explication de la disparition a changé de nature : plutôt qu'une extermination, une absorption.
Cette lecture apaisée est à son tour discutée, et sur la preuve même qui l'a rendue possible. Une fraction de quelques pour cent est compatible avec des rencontres rares, espacées, sans rien qui ressemble à une fusion de deux peuples ; le chiffre dit qu'il y a eu des enfants, il ne dit pas qu'il y a eu paix. Les datations refaites ont par ailleurs allongé le recouvrement entre les deux populations jusqu'à plusieurs milliers d'années, ce qui ruine aussi bien la conquête éclair que l'absorption rapide : pendant tout ce temps, les deux humanités ont surtout vécu côte à côte sans que rien de décisif ne se produise. L'explication qui gagne aujourd'hui du terrain n'est ni guerrière ni généreuse, et elle n'accorde de rôle particulier à personne : les groupes néandertaliens étaient peu nombreux et très dispersés, comme le montre le peu de diversité de leur génome, et une population ainsi fragmentée s'éteint d'elle-même au bout d'un temps, sans qu'aucun événement ne l'ait tuée. Demander qui a fait disparaître Néandertal, c'est peut-être chercher un coupable là où il n'y a qu'une arithmétique.
לחצו על פריט מימין, ואז על בן-הזוג שלו משמאל
תרגיל 2 מתוך 4
Texte
Pendant plus de deux cent mille ans, l'Europe et le Proche-Orient ont été habités par une humanité qui n'est pas la nôtre. Les Néandertaliens y taillaient des outils, y enterraient parfois leurs morts, y ont traversé plusieurs glaciations. Puis, il y a environ quarante mille ans, ils disparaissent — et la date de leur disparition suit de peu celle de l'arrivée en Europe des premiers hommes venus d'Afrique. Une coïncidence aussi nette a longtemps suffi : nos ancêtres les auraient éliminés, par les armes ou par la concurrence, et l'affaire aurait été réglée en quelques siècles. Cette explication a d'autant mieux tenu qu'elle s'accordait à l'image qu'on se faisait de l'espèce disparue, celle d'une humanité lourde et lente, condamnée d'avance par plus habile qu'elle.
Trois séries d'arguments la soutenaient. Les dates d'abord : les derniers sites néandertaliens connus et les premiers sites de notre espèce en Europe paraissaient se succéder presque sans recouvrement, ce qui suggérait un remplacement rapide. Les outils ensuite : aux racloirs et aux pointes néandertaliens succèdent des lames fines, des harpons, des aiguilles à chas, un outillage plus varié et plus économe de matière. Le reste enfin, ou plutôt son absence : on ne connaissait chez Néandertal ni peinture, ni parure, ni instrument de musique, alors que les nouveaux venus en laissaient partout. Cette troisième série était la plus faible en logique — elle raisonnait sur ce qu'on n'avait pas trouvé — et c'est pourtant elle qui portait le plus, parce qu'elle donnait à la disparition l'allure d'une conséquence méritée.
Les fouilles de la fin du vingtième siècle ont défait cette troisième série pièce à pièce. On a trouvé dans des couches néandertaliennes des coquillages percés et colorés, des blocs d'ocre usés comme des crayons, des plumes de rapace prélevées d'une manière qui n'a aucun usage alimentaire, et des foyers aménagés au fond de grottes. L'infériorité supposée s'est dissoute, et avec elle la raison qu'on croyait avoir de les tenir pour condamnés. En deux mille dix, l'analyse du génome néandertalien, menée par l'équipe de Svante Pääbo, a produit un résultat que personne n'attendait : tous les êtres humains dont les ancêtres ont quitté l'Afrique portent aujourd'hui une petite fraction d'ADN néandertalien. Les deux populations ne se sont donc pas seulement croisées, elles se sont mêlées, et Néandertal n'a pas entièrement disparu puisqu'il subsiste dans nos génomes. L'explication de la disparition a changé de nature : plutôt qu'une extermination, une absorption.
Cette lecture apaisée est à son tour discutée, et sur la preuve même qui l'a rendue possible. Une fraction de quelques pour cent est compatible avec des rencontres rares, espacées, sans rien qui ressemble à une fusion de deux peuples ; le chiffre dit qu'il y a eu des enfants, il ne dit pas qu'il y a eu paix. Les datations refaites ont par ailleurs allongé le recouvrement entre les deux populations jusqu'à plusieurs milliers d'années, ce qui ruine aussi bien la conquête éclair que l'absorption rapide : pendant tout ce temps, les deux humanités ont surtout vécu côte à côte sans que rien de décisif ne se produise. L'explication qui gagne aujourd'hui du terrain n'est ni guerrière ni généreuse, et elle n'accorde de rôle particulier à personne : les groupes néandertaliens étaient peu nombreux et très dispersés, comme le montre le peu de diversité de leur génome, et une population ainsi fragmentée s'éteint d'elle-même au bout d'un temps, sans qu'aucun événement ne l'ait tuée. Demander qui a fait disparaître Néandertal, c'est peut-être chercher un coupable là où il n'y a qu'une arithmétique.
תרגיל 3 מתוך 4
Texte
Pendant plus de deux cent mille ans, l'Europe et le Proche-Orient ont été habités par une humanité qui n'est pas la nôtre. Les Néandertaliens y taillaient des outils, y enterraient parfois leurs morts, y ont traversé plusieurs glaciations. Puis, il y a environ quarante mille ans, ils disparaissent — et la date de leur disparition suit de peu celle de l'arrivée en Europe des premiers hommes venus d'Afrique. Une coïncidence aussi nette a longtemps suffi : nos ancêtres les auraient éliminés, par les armes ou par la concurrence, et l'affaire aurait été réglée en quelques siècles. Cette explication a d'autant mieux tenu qu'elle s'accordait à l'image qu'on se faisait de l'espèce disparue, celle d'une humanité lourde et lente, condamnée d'avance par plus habile qu'elle.
Trois séries d'arguments la soutenaient. Les dates d'abord : les derniers sites néandertaliens connus et les premiers sites de notre espèce en Europe paraissaient se succéder presque sans recouvrement, ce qui suggérait un remplacement rapide. Les outils ensuite : aux racloirs et aux pointes néandertaliens succèdent des lames fines, des harpons, des aiguilles à chas, un outillage plus varié et plus économe de matière. Le reste enfin, ou plutôt son absence : on ne connaissait chez Néandertal ni peinture, ni parure, ni instrument de musique, alors que les nouveaux venus en laissaient partout. Cette troisième série était la plus faible en logique — elle raisonnait sur ce qu'on n'avait pas trouvé — et c'est pourtant elle qui portait le plus, parce qu'elle donnait à la disparition l'allure d'une conséquence méritée.
Les fouilles de la fin du vingtième siècle ont défait cette troisième série pièce à pièce. On a trouvé dans des couches néandertaliennes des coquillages percés et colorés, des blocs d'ocre usés comme des crayons, des plumes de rapace prélevées d'une manière qui n'a aucun usage alimentaire, et des foyers aménagés au fond de grottes. L'infériorité supposée s'est dissoute, et avec elle la raison qu'on croyait avoir de les tenir pour condamnés. En deux mille dix, l'analyse du génome néandertalien, menée par l'équipe de Svante Pääbo, a produit un résultat que personne n'attendait : tous les êtres humains dont les ancêtres ont quitté l'Afrique portent aujourd'hui une petite fraction d'ADN néandertalien. Les deux populations ne se sont donc pas seulement croisées, elles se sont mêlées, et Néandertal n'a pas entièrement disparu puisqu'il subsiste dans nos génomes. L'explication de la disparition a changé de nature : plutôt qu'une extermination, une absorption.
Cette lecture apaisée est à son tour discutée, et sur la preuve même qui l'a rendue possible. Une fraction de quelques pour cent est compatible avec des rencontres rares, espacées, sans rien qui ressemble à une fusion de deux peuples ; le chiffre dit qu'il y a eu des enfants, il ne dit pas qu'il y a eu paix. Les datations refaites ont par ailleurs allongé le recouvrement entre les deux populations jusqu'à plusieurs milliers d'années, ce qui ruine aussi bien la conquête éclair que l'absorption rapide : pendant tout ce temps, les deux humanités ont surtout vécu côte à côte sans que rien de décisif ne se produise. L'explication qui gagne aujourd'hui du terrain n'est ni guerrière ni généreuse, et elle n'accorde de rôle particulier à personne : les groupes néandertaliens étaient peu nombreux et très dispersés, comme le montre le peu de diversité de leur génome, et une population ainsi fragmentée s'éteint d'elle-même au bout d'un temps, sans qu'aucun événement ne l'ait tuée. Demander qui a fait disparaître Néandertal, c'est peut-être chercher un coupable là où il n'y a qu'une arithmétique.
גררו כל כרטיס אל הקטגוריה שלו, או הקישו על הקטגוריה
6 נותרו
- La frise est vide.
תרגיל 4 מתוך 4
Texte
Pendant plus de deux cent mille ans, l'Europe et le Proche-Orient ont été habités par une humanité qui n'est pas la nôtre. Les Néandertaliens y taillaient des outils, y enterraient parfois leurs morts, y ont traversé plusieurs glaciations. Puis, il y a environ quarante mille ans, ils disparaissent — et la date de leur disparition suit de peu celle de l'arrivée en Europe des premiers hommes venus d'Afrique. Une coïncidence aussi nette a longtemps suffi : nos ancêtres les auraient éliminés, par les armes ou par la concurrence, et l'affaire aurait été réglée en quelques siècles. Cette explication a d'autant mieux tenu qu'elle s'accordait à l'image qu'on se faisait de l'espèce disparue, celle d'une humanité lourde et lente, condamnée d'avance par plus habile qu'elle.
Trois séries d'arguments la soutenaient. Les dates d'abord : les derniers sites néandertaliens connus et les premiers sites de notre espèce en Europe paraissaient se succéder presque sans recouvrement, ce qui suggérait un remplacement rapide. Les outils ensuite : aux racloirs et aux pointes néandertaliens succèdent des lames fines, des harpons, des aiguilles à chas, un outillage plus varié et plus économe de matière. Le reste enfin, ou plutôt son absence : on ne connaissait chez Néandertal ni peinture, ni parure, ni instrument de musique, alors que les nouveaux venus en laissaient partout. Cette troisième série était la plus faible en logique — elle raisonnait sur ce qu'on n'avait pas trouvé — et c'est pourtant elle qui portait le plus, parce qu'elle donnait à la disparition l'allure d'une conséquence méritée.
Les fouilles de la fin du vingtième siècle ont défait cette troisième série pièce à pièce. On a trouvé dans des couches néandertaliennes des coquillages percés et colorés, des blocs d'ocre usés comme des crayons, des plumes de rapace prélevées d'une manière qui n'a aucun usage alimentaire, et des foyers aménagés au fond de grottes. L'infériorité supposée s'est dissoute, et avec elle la raison qu'on croyait avoir de les tenir pour condamnés. En deux mille dix, l'analyse du génome néandertalien, menée par l'équipe de Svante Pääbo, a produit un résultat que personne n'attendait : tous les êtres humains dont les ancêtres ont quitté l'Afrique portent aujourd'hui une petite fraction d'ADN néandertalien. Les deux populations ne se sont donc pas seulement croisées, elles se sont mêlées, et Néandertal n'a pas entièrement disparu puisqu'il subsiste dans nos génomes. L'explication de la disparition a changé de nature : plutôt qu'une extermination, une absorption.
Cette lecture apaisée est à son tour discutée, et sur la preuve même qui l'a rendue possible. Une fraction de quelques pour cent est compatible avec des rencontres rares, espacées, sans rien qui ressemble à une fusion de deux peuples ; le chiffre dit qu'il y a eu des enfants, il ne dit pas qu'il y a eu paix. Les datations refaites ont par ailleurs allongé le recouvrement entre les deux populations jusqu'à plusieurs milliers d'années, ce qui ruine aussi bien la conquête éclair que l'absorption rapide : pendant tout ce temps, les deux humanités ont surtout vécu côte à côte sans que rien de décisif ne se produise. L'explication qui gagne aujourd'hui du terrain n'est ni guerrière ni généreuse, et elle n'accorde de rôle particulier à personne : les groupes néandertaliens étaient peu nombreux et très dispersés, comme le montre le peu de diversité de leur génome, et une population ainsi fragmentée s'éteint d'elle-même au bout d'un temps, sans qu'aucun événement ne l'ait tuée. Demander qui a fait disparaître Néandertal, c'est peut-être chercher un coupable là où il n'y a qu'une arithmétique.
עוד אין תרגיל פתור בשלב הזה.
- נקודות
- 0
- תשובות נכונות
- 0
- לחזרה היומית
- 0
בשלב הבא Texte