La question paraît enfantine et elle a occupé la biologie pendant un siècle et demi : à quoi servent les rayures du zèbre ? Darwin et Wallace, qui s'accordaient sur presque tout, s'y sont opposés. Wallace tenait les rayures pour un camouflage, efficace dans les hautes herbes et sous la lumière brisée des acacias ; Darwin répondait qu'un animal aussi voyant en plein soleil ne se cache manifestement pas, et qu'il fallait chercher ailleurs. L'explication par le camouflage l'a pourtant emporté et s'est installée pour longtemps, en partie parce qu'elle était la seule à s'appuyer sur une fonction connue : toutes les autres livrées remarquables du monde animal servaient soit à disparaître, soit à séduire, et le zèbre devait bien entrer dans l'une des deux cases.
On a fini par mesurer ce que voit réellement un lion, et l'édifice a cédé. En reconstituant l'acuité visuelle des grands prédateurs africains et en calculant à quelle distance les rayures cessent d'être distinguées, des chercheurs ont montré qu'à la distance où le lion repère une proie, il ne voit déjà plus les bandes : il voit une masse grise, exactement comme il verrait un animal uni. Ce que les rayures font à l'œil humain, elles ne le font pas à l'œil qui compte. Deux explications de rechange ont alors été proposées. La première est sociale : chaque zèbre porte un dessin unique, et les rayures serviraient à la reconnaissance entre individus. La seconde est physique : le noir chauffe plus vite que le blanc, la différence de température créerait de petits courants d'air à la surface de la peau, et la robe rayée refroidirait l'animal. Ni l'une ni l'autre n'a résisté à la comparaison entre espèces, car les chevaux qui vivent dans les mêmes chaleurs ne sont pas rayés, et des animaux très grégaires se reconnaissent parfaitement sans dessin.
תרגיל 1 מתוך 3
תרגיל 2 מתוך 3
תרגיל 3 מתוך 3
עוד אין תרגיל פתור בשלב הזה.
- נקודות
- 0
- תשובות נכונות
- 0
- לחזרה היומית
- 0
בשלב הבא Questions