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Sujet 5. Vous avez trente-cinq minutes et au moins vingt-cinq lignes à écrire. Le sujet s'affiche dès que le chronomètre part.
Une ville de taille moyenne doit décider de l'usage d'un budget important consacré au sport. Deux projets s'opposent : un grand stade moderne, capable d'accueillir des compétitions nationales, ou une trentaine de terrains et de salles répartis dans les quartiers.
Les partisans du stade rappellent qu'un tel équipement fait connaître la ville, attire des visiteurs qui dépensent, et donne à ses habitants une fierté commune que rien d'autre ne procure. Ils ajoutent qu'un club qui monte entraîne derrière lui des centaines d'enfants vers les clubs sportifs de la ville.
Les partisans des terrains de quartier répondent qu'un stade sert quelques heures par semaine et reste vide le reste du temps, tandis qu'un terrain au pied d'un immeuble sert tous les jours à ceux qui ne s'inscriraient jamais dans un club. Ils ajoutent que l'entretien d'un grand stade coûte chaque année une part du budget que la ville ne pourra plus mettre ailleurs.
À votre avis, une ville doit-elle consacrer un tel budget à un grand stade plutôt qu'à des équipements de quartier ? Étayez votre réponse.
Une ville qui reçoit une somme importante pour le sport ne choisit pas seulement entre deux chantiers : elle choisit qui, parmi ses habitants, fera du sport dans dix ans. On peut dès lors se demander s'il vaut mieux bâtir un grand stade ou répartir cet argent en équipements de quartier. Pour ma part, je pense que les quartiers doivent l'emporter, à condition que la ville se garde tout de même un lieu commun digne de ce nom.
Il est vrai que l'argument du stade porte. Un équipement de ce genre fait exister une ville au-delà de ses limites : on en parle, on y vient, et les hôtels comme les commerces le sentent les soirs de match. De plus , un club qui gagne entraîne derrière lui des enfants par centaines, car l'envie de jouer naît souvent d'un match que l'on est allé voir — et une ville sans équipe visible n'offre ce déclencheur à personne. Ce sont de vraies raisons, et il serait commode mais faux de n'y voir que du prestige.
Toutefois , ces raisons décrivent ce qu'un stade apporte à une ville, jamais ce qu'il apporte à ses habitants : un stade se regarde, un terrain se pratique. Un grand équipement ouvre quelques heures par semaine, sur billet, pour des spectateurs assis ; un terrain au pied d'un immeuble est ouvert tous les jours, sans inscription et sans argent, à des enfants dont aucun ne franchirait la porte d'un club. Ainsi , la ville qui bâtit un stade produit des supporters, et celle qui bâtit trente terrains produit des joueurs. C'est la raison pour laquelle le choix ne porte pas sur deux tailles de projet, mais sur deux rapports au sport.
Par ailleurs , le coût visible n'est pas le coût réel. Un grand stade se paie une fois, mais il s'entretient chaque année — pelouse, sécurité, éclairage, personnel — et cette dépense-là revient indéfiniment, prise sur un budget municipal qui ne grandit pas. À titre d'exemple , une ville qui doit arbitrer chaque hiver entre l'entretien de son stade et l'ouverture de ses gymnases le dimanche finit toujours par fermer les gymnases : c'est la dépense que l'on remarque le moins. Or ce sont précisément ces heures d'ouverture qui décident si un adolescent fait du sport ou n'en fait pas.
Pour conclure , il me semble que la ville doit répartir cet argent dans ses quartiers, parce qu' un équipement que l'on pratique vaut mieux qu'un équipement que l'on regarde. Elle aurait tort, toutefois, de renoncer à tout lieu de rassemblement : un équipement central de taille moyenne, capable de recevoir des rencontres régionales et les fêtes scolaires, coûte une fraction d'un grand stade et lui donnerait ce qui, sinon, lui manquerait. On peut avoir un coeur sans construire un monument.
La question était un « lequel des deux » : la copie compare les deux projets au lieu d'attaquer le stade. Une copie qui ne pèse qu'un seul camp serait hors sujet, même excellente.
Elle prend position dès l'introduction, avec sa réserve, et la tient jusqu'au bout.
Elle donne au stade son meilleur argument — le match qui déclenche une vocation — et refuse explicitement de n'y voir que du prestige.
Elle apporte deux idées absentes de l'encadré : « un stade se regarde, un terrain se pratique », et l'entretien annuel qui ferme les gymnases sans que personne ne le décide.
Chaque argument porte un cas concret — l'enfant qui ne franchirait pas la porte d'un club, l'arbitrage de chaque hiver.
Sa conclusion ouvre une soupape : un équipement central de taille moyenne, qui répond au besoin de rassemblement sans le budget du stade.
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