elev

Texte 5 — pourquoi l'écriture est-elle apparue ?

בחרו תת-נושא
  1. La méthode — comment on résout un texte
  2. Texte 1 — à quoi servaient les peintures des grottes ?
  3. Texte 2 — à quoi sert le sommeil ?
  4. Texte 3 — l'île de Pâques s'est-elle détruite elle-même ?
  5. Texte 4 — qui a domestiqué le chien ?
  6. Texte 5 — pourquoi l'écriture est-elle apparue ?
  7. Texte 6 — pourquoi Néandertal a-t-il disparu ?
  8. Texte 7 — d'où vient la monnaie ?
  9. Texte 8 — pourquoi le zèbre est-il rayé ?
Format de l'examen : un texte, six questions, six minutes — une minute par question, lecture comprise. Ne lisez pas le texte d'abord : ouvrez la question 1, entrez dans le texte par le début, arrêtez-vous dès que vous tenez la réponse. Les six questions suivent les paragraphes dans l'ordre, et les dernières se paient avec ce que les premières vous ont appris.

Un texte d'histoire des techniques. Attention au troisième paragraphe : il porte deux mouvements, un renversement puis une objection à ce renversement. Deux questions s'y appuient, et l'une teste précisément si vous n'avez pas confondu les deux.

Texte

L'écriture apparaît en Mésopotamie à la fin du quatrième millénaire avant notre ère, sous la forme de petites tablettes d'argile couvertes de signes imprimés au roseau. C'est la plus ancienne que l'on connaisse, et pendant tout le dix-neuvième siècle sa naissance a reçu une explication qui allait de soi : l'écriture serait née du besoin de faire durer la parole. On écrit pour fixer ce qui doit survivre à celui qui le dit — une loi, une prière, le récit des origines. Cette explication tenait moins à un examen des tablettes qu'à une idée de ce que l'écriture est : l'instrument par lequel un peuple se donne une mémoire, et le seuil entre la préhistoire et l'histoire.

Trois observations la rendaient naturelle, et deux d'entre elles restent exactes. La première tient aux textes que l'on connaissait alors : les premiers déchiffrés étaient des hymnes, des listes de rois, une épopée, tous des textes qui demandent à durer. La deuxième tient au lieu : les écoles où l'on formait les scribes dépendaient des temples, et le métier d'écrire s'apprenait là où l'on servait les dieux. La troisième tient à la difficulté même de l'exercice : apprendre plusieurs centaines de signes coûte des années, et l'on voyait mal qu'un effort pareil ait été consenti pour autre chose que ce qu'une communauté tient pour sacré. Une écriture née au temple, enseignée au temple, servant d'abord des textes de temple : le raisonnement se refermait sur lui-même.

Il s'est ouvert quand on a cessé de lire les tablettes les plus belles pour dater les plus anciennes. Celles-là ne sont ni des hymnes ni des lois : ce sont des comptes. Des quantités d'orge, des têtes de bétail, des journées de travail, un nom de responsable, une somme. Rien qui demande à durer plus d'une saison. Denise Schmandt-Besserat a rattaché ces premières tablettes à un usage bien plus ancien qu'elles, celui de petits jetons d'argile de formes variées, enfermés par lots dans des boules scellées qui accompagnaient les livraisons : un jeton par unité livrée, et la boule brisée à l'arrivée pour vérifier le compte. Marquer sur la boule, avant de la sceller, l'empreinte des jetons qu'elle contenait rendait la boule elle-même inutile ; il ne restait que la surface marquée, et l'écriture était là. Cette reconstruction a déplacé la naissance de l'écriture du sanctuaire vers l'entrepôt. On lui a cependant opposé aussitôt un contre-exemple massif : la plus ancienne écriture chinoise connue apparaît sur des os chauffés pour la divination, où l'on grave la question posée et la réponse obtenue. Là, l'écriture naît bien dans un usage rituel.

La discussion actuelle ne tranche pas entre l'entrepôt et le sanctuaire, parce qu'elle a cessé de croire qu'il y avait un seul cas à trancher. L'écriture a été inventée au moins trois fois, en des lieux sans contact : en Mésopotamie, en Chine, en Amérique centrale. Une explication vraie devrait valoir pour les trois, et ni la comptabilité ni la divination n'y parviennent. Les mêmes faits se relisent alors autrement : ce que les trois foyers ont en commun n'est ni le grain ni le sacré, mais un pouvoir devenu trop grand pour la mémoire d'un homme — un pouvoir qui doit lever, redistribuer, désigner, et se souvenir de ce qu'il a fait l'an dernier. La comptabilité mésopotamienne et la divination chinoise apparaissent sous cet angle comme deux formes du même besoin d'archive, l'une tournée vers les biens, l'autre vers les décisions. Il reste que cette lecture rend compte des débuts sans rien dire de la suite : aucune des trois écritures n'est demeurée l'outil du pouvoir qui l'avait fait naître, et l'épopée que le dix-neuvième siècle croyait première est arrivée après, sur un instrument construit pour tout autre chose.

Questions

D'après le premier paragraphe, sur quoi reposait l'explication admise au dix-neuvième siècle ?
D'après le premier paragraphe, sur quoi reposait l'explication admise au dix-neuvième siècle ?
D'après le deuxième paragraphe, quel argument reposait sur le coût de l'apprentissage ?
D'après le deuxième paragraphe, quel argument reposait sur le coût de l'apprentissage ?
« Cette reconstruction » (troisième paragraphe), c'est-à-dire ...
« Cette reconstruction » (troisième paragraphe), c'est-à-dire ...
D'après le texte, laquelle des affirmations suivantes est vraie à la fois pour les jetons d'argile et pour les os de divination chinois ?
D'après le texte, laquelle des affirmations suivantes est vraie à la fois pour les jetons d'argile et pour les os de divination chinois ?
D'après le dernier paragraphe, pourquoi ni la comptabilité ni la divination ne peuvent-elles expliquer la naissance de l'écriture ?
D'après le dernier paragraphe, pourquoi ni la comptabilité ni la divination ne peuvent-elles expliquer la naissance de l'écriture ?
D'après le dernier paragraphe, que faut-il penser de l'explication par le besoin d'archive d'un pouvoir ?
D'après le dernier paragraphe, que faut-il penser de l'explication par le besoin d'archive d'un pouvoir ?