elev

Texte 8 — pourquoi le zèbre est-il rayé ?

בחרו תת-נושא
  1. La méthode — comment on résout un texte
  2. Texte 1 — à quoi servaient les peintures des grottes ?
  3. Texte 2 — à quoi sert le sommeil ?
  4. Texte 3 — l'île de Pâques s'est-elle détruite elle-même ?
  5. Texte 4 — qui a domestiqué le chien ?
  6. Texte 5 — pourquoi l'écriture est-elle apparue ?
  7. Texte 6 — pourquoi Néandertal a-t-il disparu ?
  8. Texte 7 — d'où vient la monnaie ?
  9. Texte 8 — pourquoi le zèbre est-il rayé ?
Format de l'examen : un texte, six questions, six minutes — une minute par question, lecture comprise. Ne lisez pas le texte d'abord : ouvrez la question 1, entrez dans le texte par le début, arrêtez-vous dès que vous tenez la réponse. Les six questions suivent les paragraphes dans l'ordre, et les dernières se paient avec ce que les premières vous ont appris.

Le dernier texte du chapitre, et le seul dont le débat soit tranché. Il vous entraîne à ne pas plaquer la conclusion attendue : après sept textes qui finissent par « aucune explication ne suffit », celui-ci finit autrement, et la dernière question ne pardonne pas l'habitude.

Texte

La question paraît enfantine et elle a occupé la biologie pendant un siècle et demi : à quoi servent les rayures du zèbre ? Darwin et Wallace, qui s'accordaient sur presque tout, s'y sont opposés. Wallace tenait les rayures pour un camouflage, efficace dans les hautes herbes et sous la lumière brisée des acacias ; Darwin répondait qu'un animal aussi voyant en plein soleil ne se cache manifestement pas, et qu'il fallait chercher ailleurs. L'explication par le camouflage l'a pourtant emporté et s'est installée pour longtemps, en partie parce qu'elle était la seule à s'appuyer sur une fonction connue : toutes les autres livrées remarquables du monde animal servaient soit à disparaître, soit à séduire, et le zèbre devait bien entrer dans l'une des deux cases.

Deux raffinements l'ont soutenue et prolongée. Le premier tient à la lumière : le noir et le blanc juxtaposés brouillent le contour d'un corps, et à la tombée du jour, quand les prédateurs chassent, un animal rayé se détacherait moins nettement du fond qu'un animal uni. Le second déplace le camouflage de l'individu au groupe : dans un troupeau en fuite, les rayures se confondent d'une bête à l'autre, et le lion, qui doit choisir une proie et la suivre des yeux, perdrait la sienne dans la masse. Ce second raffinement était particulièrement séduisant, parce qu'il expliquait pourquoi les rayures sont larges et régulières plutôt que fines et brouillées, et parce qu'il rendait compte d'un fait bien établi : le zèbre vit en troupeau et fuit en groupe.

On a fini par mesurer ce que voit réellement un lion, et l'édifice a cédé. En reconstituant l'acuité visuelle des grands prédateurs africains et en calculant à quelle distance les rayures cessent d'être distinguées, des chercheurs ont montré qu'à la distance où le lion repère une proie, il ne voit déjà plus les bandes : il voit une masse grise, exactement comme il verrait un animal uni. Ce que les rayures font à l'œil humain, elles ne le font pas à l'œil qui compte. Deux explications de rechange ont alors été proposées. La première est sociale : chaque zèbre porte un dessin unique, et les rayures serviraient à la reconnaissance entre individus. La seconde est physique : le noir chauffe plus vite que le blanc, la différence de température créerait de petits courants d'air à la surface de la peau, et la robe rayée refroidirait l'animal. Ni l'une ni l'autre n'a résisté à la comparaison entre espèces, car les chevaux qui vivent dans les mêmes chaleurs ne sont pas rayés, et des animaux très grégaires se reconnaissent parfaitement sans dessin.

La réponse qui s'impose aujourd'hui est venue d'un tout autre côté, et d'une manière qui distingue ce cas de la plupart des débats de ce genre : par une expérience, non par un changement de regard sur les mêmes faits. Le biologiste Tim Caro a remarqué que la carte des espèces rayées coïncide étroitement avec celle des mouches piqueuses qui transmettent des maladies au bétail, mieux qu'avec la carte des lions ou celle des températures. Puis il a mis des couvertures rayées à des chevaux placés dans un même pré que des chevaux couverts d'uni, et filmé ce que faisaient les mouches : elles approchaient autant des deux, mais se posaient bien moins sur les rayés, freinant mal et se détournant au dernier moment. Le résultat a été retrouvé par plusieurs équipes, et la fonction est aujourd'hui tenue pour établie. Ce qui ne l'est pas, c'est le mécanisme : on ignore encore ce qui, dans une alternance de bandes, trompe l'insecte à l'instant de se poser. Et la question de départ garde une part d'ombre, car rien n'oblige une caractéristique à n'avoir qu'un seul effet — une robe qui éloigne les mouches peut, en même temps, faire autre chose que personne n'a encore mesuré.

Questions

D'après le premier paragraphe, pourquoi l'explication par le camouflage s'est-elle imposée malgré l'objection de Darwin ?
D'après le premier paragraphe, pourquoi l'explication par le camouflage s'est-elle imposée malgré l'objection de Darwin ?
D'après le deuxième paragraphe, qu'est-ce que le second raffinement expliquait, et que le premier n'expliquait pas ?
D'après le deuxième paragraphe, qu'est-ce que le second raffinement expliquait, et que le premier n'expliquait pas ?
« l'œil qui compte » (troisième paragraphe), c'est-à-dire ...
« l'œil qui compte » (troisième paragraphe), c'est-à-dire ...
D'après le texte, laquelle des affirmations suivantes est vraie à la fois pour l'explication par la reconnaissance entre individus et pour l'explication par le refroidissement ?
D'après le texte, laquelle des affirmations suivantes est vraie à la fois pour l'explication par la reconnaissance entre individus et pour l'explication par le refroidissement ?
D'après le dernier paragraphe, quel rôle joue la comparaison entre la carte des espèces rayées et celle des mouches piqueuses ?
D'après le dernier paragraphe, quel rôle joue la comparaison entre la carte des espèces rayées et celle des mouches piqueuses ?
D'après le dernier paragraphe, en quoi ce débat se distingue-t-il de la plupart des débats du même genre ?
D'après le dernier paragraphe, en quoi ce débat se distingue-t-il de la plupart des débats du même genre ?