Lire l'hébreu sans voyelles : comment on y arrive

Mis à jour le

Tout oleh fait la même découverte. À l'oulpan, les textes portent des voyelles : des points et des traits sous les lettres, le נִיקוּד (nikoud). Dans la rue, il n'y en a plus. Le journal, le contrat de location, le message du médecin, la lettre de l'école : tout s'écrit sans nikud. Les voyelles ne restent que dans les livres pour enfants, la poésie, les livres de prière, et les textes faits pour ceux qui apprennent.

Lire sans voyelles n'est pas un don. C'est un ensemble d'habitudes, et elles s'apprennent dans l'ordre. Ce guide les présente une par une.

Pourquoi un même mot peut se lire de plusieurs façons

L'hébreu écrit surtout ses consonnes. Sans nikud, le mot ספר peut se lire sefer (un livre), safar (il a compté) ou sapar (un coiffeur). Avec ses voyelles, il n'y a plus de doute : סֵפֶר (un livre), סָפַר (il a compté), סַפָּר (un coiffeur).

Ce n'est pas aussi grave qu'il y paraît. Dans une phrase, une seule lecture a du sens : « j'ai acheté un ספר à la librairie » ne laisse aucun choix. Et l'écriture courante ajoute elle-même des lettres pour aider le lecteur.

Première habitude : lire les lettres qui servent de voyelles

Sans nikud, l'hébreu s'écrit en orthographe pleine, le כְּתִיב מָלֵא (ktiv malé). Deux lettres y jouent le rôle de voyelles :

Quand ces lettres doivent rester des consonnes, on les double : וו se lit v au milieu d'un mot (מוודא, mevadé, il vérifie), et יי se lit y (עניין, inyan, une affaire).

C'est pourquoi le même mot s'écrit avec une lettre de plus sans nikud : סִפֵּר dans un livre vocalisé classique, סיפר dans le journal. Dans ses textes vocalisés, l'oulpan d'elev ajoute les voyelles à l'orthographe pleine, שׁוּלְחָן plutôt que שֻׁלְחָן : quand le nikud disparaît, les lettres restent les mêmes.

Deuxième habitude : détacher les préfixes

Sept lettres se collent au début d'un mot sans espace : ו (et), ה (le, la), ב (dans), כ (comme), ל (à, pour), מ (de), ש (que). Le mot ובבית se lit donc ou-va-bayit, « et dans la maison ». Un mot inconnu commence souvent par un préfixe suivi d'un mot connu. Avant de chercher au dictionnaire, retirez une ou deux lettres du début.

Troisième habitude : reconnaître la racine et le moule

La plupart des mots hébreux sont faits d'une racine de trois consonnes versée dans un moule de voyelles. Qui connaît le moule devine les voyelles. Un nom qui commence par מ désigne souvent un lieu ou un instrument, comme מטבח (mitbah, la cuisine, de la racine du mot « cuire ») ou מפתח (mafteah, la clé, de la racine du mot « ouvrir »). Un verbe qui commence par הת est presque toujours un hitpael, qui se lit hit-, comme התלבש (hitlabech, il s'est habillé). Les binyanim du verbe sont le premier de ces moules à apprendre : le guide des binyanim les présente un par un, et celui de la conjugaison donne les marques de personne de chaque temps.

Quatrième habitude : laisser le contexte trancher

Un lecteur israélien ne déchiffre pas mot à mot : il anticipe. Lisez la phrase entière avant de revenir sur le mot qui bloque. Le sujet, le temps du verbe et le sens général éliminent presque toujours les lectures impossibles. Sur un texte nouveau, une première lecture rapide pour le sens, puis une seconde pour le détail, vont plus vite qu'une seule lecture lente.

Comment passer du texte vocalisé au texte nu

On ne saute pas d'un coup du nikud complet au texte nu. Trois étapes marchent bien :

  1. Apprendre d'abord le nikud. Il donne la prononciation juste et l'oreille qui servira ensuite. Il se lit vite : une dizaine de signes, dont plusieurs se prononcent pareil.
  2. Lire des textes vocalisés en regardant de moins en moins les voyelles. Cachez-les du doigt, lisez, puis vérifiez.
  3. Lire des textes nus sur des sujets connus : une annonce, un message, une recette. Le vocabulaire familier porte la lecture.

L'oulpan d'elev suit cette progression. Au niveau א׳, le chapitre du nikud et des sons enseigne les voyelles une à une, et presque tous les textes sont vocalisés, comme au niveau ב׳. Aux niveaux ג׳ et ד׳, les voyelles se font rares : au niveau ג׳, une partie des mots les garde seulement, et les textes de lecture du niveau ד׳ n'en ont plus aucune, comme ceux de la vie courante.

Pour essayer, la compréhension écrite du niveau א׳ est gratuite avec un compte : des textes courts de la vie courante, au marché, à la caisse maladie, dans l'autobus. Si les lettres elles-mêmes sont encore nouvelles, le chapitre des lettres l'est aussi. Et le test de niveau, gratuit et sans compte, dit par quel niveau commencer. L'oulpan d'elev est présenté ici.