La consigne : « Quelle proposition exprime de la manière la plus adéquate le contenu de la citation ? ».
On vous donne une phrase tirée d'un article, tortueuse à dessein, et quatre reformulations. Une seule dit la même chose.
Ici, on ne déduit rien : on traduit. La bonne option n'ajoute pas une conséquence, même vraie ; elle ne retire pas une nuance, même petite ; elle ne renverse rien.
C'est la forme la plus mécanique de la famille, et la plus sûre — à condition de découper la citation avant de lire les options.
Les trois pièces à découper
Une citation d'examen est presque toujours faite des trois mêmes pièces, emboîtées pour se gêner l'une l'autre. Séparez-les sur votre brouillon, en trois mots à vous.
Le temps — « contrairement à ce que j'ai cru pendant des années », « je ne suis plus », « autrefois ». Il y a un avant et un maintenant, et la citation dit quelque chose des deux.
L'attitude — croire, ne plus croire, douter, être persuadé, refuser. C'est le verbe qui porte la négation, et c'est là que les options trichent.
L'objet — ce sur quoi porte l'attitude, presque toujours une comparaison : A apporte plus que B, A explique mieux que B. Gardez les deux termes et le sens de l'inégalité.
La règle qui décide la moitié des questions
Cesser de croire une chose n'est pas croire son contraire. Si l'auteur n'est plus persuadé que A vaut mieux que B, il ne dit pas que B vaut mieux que A, ni que les deux se valent.
Il dit qu'il ne tranche plus. Une option qui tranche en a dit plus que lui.
Ce qu'il croyait avant. La citation le rappelle presque toujours, et une option le retournera.
Ce qu'il dit maintenant. Le doute, rien de plus. C'est ce que la bonne option écrit.
Ce qu'aucune citation ne dit. L'option qui l'affirme est le distracteur le plus fréquent de toute la famille.
Une citation d'examen contient souvent une double négation — « il serait excessif de dire que… n'est pas… ». Récrivez-la en positif avant de regarder les options, sinon les options la récriront pour vous, et mal.
Les quatre options se ressemblent beaucoup ; leurs défauts, eux, sont toujours les mêmes.
« Il ne croit plus que A > B, donc B > A » au lieu de « Il ne croit plus que A > B, un point c'est tout » — Le durcissement. C'est le distracteur qu'on coche quand on a lu vite, parce qu'il raconte une histoire plus nette que la citation.
« Avant, il en doutait » au lieu de « Avant, il en était sûr » — L'inversion du passé. La citation dit toujours ce qu'il croyait ; une option échange l'avant et le maintenant.
« A n'a aucun effet » au lieu de « A n'a pas plus d'effet que B » — L'objet déplacé. On passe d'une comparaison à un absolu, ce qui est bien plus fort — et jamais dit.
Une option reprend fidèlement l'idée de la citation et ajoute une conséquence exacte qui en découle. Est-elle la bonne reformulation ?
Voir la réponse et le corrigé
Non. La consigne demande le contenu de la citation, pas ce qu'on peut en tirer. Une conséquence, même impeccable, est un ajout — et l'option qui s'en tient au contenu la bat.
Exercices
Exercice 1
Voici une citation tirée d'un entretien : « Je ne suis plus certain, comme je l'ai longtemps été, que l'entraînement quotidien d'un jeune nageur lui apporte davantage qu'une pratique variée de plusieurs sports. » Quelle proposition exprime le mieux le contenu de la citation ?
Voir la réponse et le corrigé
Réponse : A L'auteur n'est plus certain que l'entraînement quotidien apporte à un jeune nageur davantage que la pratique variée de plusieurs sports
Corrigé :
« L'auteur n'est plus certain que l'entraînement… » — C'est la réponse : le doute, les deux termes de la comparaison, le sens de l'inégalité — rien n'a bougé.
« L'auteur est désormais convaincu qu'une pratique… » — Durcissement. Ne plus être certain que l'un vaut mieux que l'autre laisse la question ouverte ; cette option la referme dans l'autre sens.
« L'auteur a longtemps douté que l'entraînement… » — Inversion du passé. La citation dit qu'il en était certain, et longtemps ; ici il en aurait douté.
« L'auteur estime que l'entraînement quotidien nuit au… » — Ajout. Nuire est bien plus fort que ne pas apporter davantage, et la citation ne parle jamais d'un tort causé au nageur.
La bonne réponse : « L'auteur n'est plus certain que l'entraînement… » — elle traduit la citation sans la trancher.
Exercice 2
Voici une citation tirée d'un article : « Il serait excessif d'affirmer que la publicité crée les besoins des consommateurs ; disons plutôt qu'elle donne une forme précise à des envies qui existaient déjà, mais confusément. » Quelle proposition exprime le mieux le contenu de la citation ?
Voir la réponse et le corrigé
Réponse : D Selon l'auteur, la publicité ne fait pas naître les besoins mais donne un contour net à des envies déjà présentes de manière vague
Corrigé :
« Selon l'auteur, la publicité crée bien les besoins des… » — Elle garde le verbe que la citation écarte. « Il serait excessif d'affirmer que la publicité crée » refuse la création, il ne l'atténue pas.
« Selon l'auteur, la publicité ne fait pas naître les… » — C'est la réponse : elle refuse la création, garde la mise en forme, et conserve le mot « confusément » sous la forme « de manière vague ».
« Selon l'auteur, la publicité n'a aucune influence sur… » — Durcissement inverse. Donner une forme précise à une envie est une influence, et même celle que la citation décrit avec soin.
« Selon l'auteur, les consommateurs savent précisément… » — Elle contredit le mot le plus discret de la citation : les envies existaient bien, mais confusément — donc sans contour précis.
La bonne réponse : « Selon l'auteur, la publicité ne fait pas naître les… » — elle écarte la création sans nier l'influence.
Exercice 3
Voici une citation tirée d'une tribune : « Si je m'oppose à cette réforme, ce n'est pas qu'elle demande trop aux enseignants, c'est qu'elle leur demande la mauvaise chose. » Quelle proposition exprime le mieux le contenu de la citation ?
Voir la réponse et le corrigé
Réponse : C L'auteur reproche à la réforme la nature de ce qu'elle exige des enseignants, non son ampleur
Corrigé :
« L'auteur juge que la réforme exige des enseignants un… » — Elle affirme exactement ce que la citation écarte : « ce n'est pas qu'elle demande trop » évacue la question de la quantité.
« L'auteur approuverait la réforme si elle exigeait… » — Contresens sur le motif. Puisque la quantité n'est pas le grief, en demander moins ne réglerait rien pour l'auteur.
« L'auteur reproche à la réforme la nature de ce qu'elle… » — C'est la réponse : elle oppose la nature de l'exigence à son ampleur, ce que fait la citation mot pour mot.
« L'auteur estime que les enseignants ne devraient rien… » — Ajout. Reprocher à une réforme de demander la mauvaise chose suppose au contraire qu'il y aurait une bonne chose à demander.
La bonne réponse : « L'auteur reproche à la réforme la nature de ce qu'elle… » — le grief porte sur ce qui est demandé, pas sur combien.
Exercice 4
La citation : « Moi qui ai longtemps défendu les devoirs à la maison, je doute aujourd'hui qu'ils aident les élèves plus que la lecture libre. » Rangez chaque phrase : parle-t-elle de l'avant, ou du maintenant ?
Voir la réponse et le corrigé
Réponse : Il défendait les devoirs à la maison — Avant · Il a longtemps été partisan des devoirs à la maison — Avant · Il doute que les devoirs aident plus que la lecture libre — Maintenant · Il ne tranche plus entre devoirs et lecture libre — Maintenant
Corrigé :
« Moi qui ai longtemps défendu » : l'avant.
« je doute aujourd'hui » : le maintenant, et c'est un doute, pas une conviction.
Le piège : placer le doute dans le passé. La citation dit toujours ce qu'il croyait avant.
Exercice 5
La citation : « Je ne suis plus convaincue que les grandes villes offrent plus d'emplois que les villes moyennes. » Cette citation revient à dire que, selon l'auteure, les villes moyennes offrent autant d'emplois que les grandes.
Voir la réponse et le corrigé
Réponse : Faux
Corrigé :
Elle n'est plus convaincue : elle doute, elle ne tranche pas.
« Autant » est une conclusion nouvelle, aussi tranchée que l'ancienne.
Faux. Cesser de croire « A > B » n'est ni croire « B > A », ni croire « A = B ».
Exercice 6
La citation : « Il serait faux de prétendre que ce médicament n'a aucun effet secondaire. » Cette citation revient à dire que ce médicament a au moins un effet secondaire.
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Réponse : Vrai
Corrigé :
« Il serait faux de prétendre que P » revient à dire « non P ».
P = « il n'a aucun effet secondaire » ; non P = « il en a au moins un ».
Vrai. La double négation, récrite en positif, et sans durcir : « au moins un », pas « beaucoup ».
Exercice 7
La citation : « Je ne crois plus que le vélo soit plus rapide que le métro pour traverser la ville. » Associez chaque reformulation à son défaut.
Voir la réponse et le corrigé
Réponse : Le métro est plus rapide que le vélo — Durcit le doute en conviction inverse · Il a toujours douté de la rapidité du vélo — Inverse le passé · Le vélo est un moyen de transport lent — Quitte la comparaison pour un absolu · Il ne tient plus le vélo pour plus rapide que le métro — Aucun : elle est fidèle
Corrigé :
Le doute devient « le métro est plus rapide » : durcissement.
« Je ne crois plus » dit qu'il le croyait avant : « toujours douté » retourne l'avant.
« lent » n'est plus une comparaison avec le métro.
La dernière garde les trois pièces.
Trois défauts, toujours les mêmes, et une seule reformulation qui n'en a aucun.
Exercice 8
Voici une citation tirée d'un essai : « Contrairement à ce que j'ai enseigné pendant vingt ans, je ne pense plus que l'histoire d'un pays s'explique mieux par sa géographie que par ses institutions. » Quelle proposition exprime le mieux le contenu de la citation ?
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Réponse : C L'auteur ne pense plus que la géographie d'un pays explique son histoire mieux que ne le font ses institutions
Corrigé :
« L'auteur pense désormais que les institutions d'un… » — Durcissement : il doute de « géographie > institutions », il n'affirme pas l'inverse.
« L'auteur a enseigné pendant vingt ans que les… » — Inversion du passé : il enseignait la supériorité de la géographie.
« L'auteur ne pense plus que la géographie d'un pays… » — C'est la réponse : le doute, les deux termes, le sens de la comparaison — rien n'est ajouté.
« L'auteur pense que la géographie n'explique en rien… » — Absolu hors texte : la citation compare, elle n'annule rien.
La bonne réponse : « L'auteur ne pense plus que la géographie… » — la comparaison est mise en doute, pas retournée.
Exercice 9
Voici une citation tirée d'un entretien : « Ce que je reproche à ce film, ce n'est pas sa longueur, c'est qu'il ne sait pas quoi faire de son temps. » Quelle proposition exprime le mieux le contenu de la citation ?
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Réponse : D L'auteur reproche au film l'usage qu'il fait de sa durée, non sa durée elle-même
Corrigé :
« L'auteur trouve le film trop long » — Elle contredit la citation : la longueur est précisément ce qu'il ne reproche pas.
« L'auteur aimerait le film s'il était plus court » — Elle ajoute une préférence que la citation ne donne pas, et ramène le reproche à la durée.
« L'auteur reproche au film l'usage qu'il fait de sa… » — C'est la réponse : l'objet du reproche est déplacé de la quantité de temps vers son emploi, comme dans la citation.
« L'auteur estime que le film n'aurait pas dû être tourné » — Un absolu hors texte : il reproche une chose au film, il ne le condamne pas en entier.
La bonne réponse : « L'auteur reproche au film l'usage qu'il fait… » — la citation déplace l'objet du reproche, elle ne le supprime pas.
Exercice 10
La citation : « Je ne suis plus sûr que la lecture à voix haute améliore la compréhension mieux que la lecture silencieuse. » La phrase « L'auteur doute que la lecture à voix haute améliore la compréhension mieux que la lecture silencieuse ; il faut donc cesser de la pratiquer en classe » reformule fidèlement cette citation.
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Réponse : Faux
Corrigé :
La première moitié est fidèle.
La seconde ajoute une conséquence — cesser la pratique en classe — dont la citation ne dit rien.
Faux. Une reformulation n'ajoute rien, même une conséquence qui paraît logique.