Dix questions au format de l'examen, les cinq formes mélangées, deux de chacune. Lancez un chrono : dix minutes pour la série. Répondez aux dix avant d'ouvrir le moindre corrigé, comme le jour J — puis corrigez d'un bloc, comptez vos points sur dix et notez votre temps.
Huit ou plus dans le temps imparti : la série est acquise, passez à la suivante. Six ou sept : pour chaque erreur, nommez la forme de la question et le piège qui vous a eu. Cinq ou moins : revenez à l'unité de la forme concernée avant de continuer.
Deux questions de cette série cachent une comparaison implicite : le paragraphe décrit un seul groupe et conclut sur deux. Le maillon manquant est presque toujours là.
Après les dix, deux exercices de reprise, hors chrono et hors du compte sur dix : une affirmation à juger, puis un tri. Ils reprennent un geste du chapitre.
Exercices
Exercice 1
Une étude montre que les enfants d'une école qui déjeunent à la cantine obtiennent de meilleurs résultats en fin de journée que ceux qui rentrent déjeuner chez eux. Ayant relevé que la cantine sert un repas complet à heure fixe, les chercheurs supposent qu'un repas équilibré soutient l'attention de l'après-midi. Sur quelle présupposition repose leur hypothèse ?
Voir la réponse et le corrigé
Réponse : C Les enfants qui rentrent déjeuner chez eux ne prennent pas un repas aussi complet
Corrigé :
« L'attention de l'après-midi est le principal facteur… » — Conclusion durcie. L'hypothèse n'a pas besoin que l'attention arrive en tête des facteurs de réussite.
« Les enfants qui rentrent déjeuner chez eux ne prennent… » — C'est la réponse : le paragraphe décrit un seul des deux groupes. Sans cette comparaison, rien ne distingue les repas des uns de ceux des autres, et l'explication perd son objet.
« Les parents des enfants inscrits à la cantine sont… » — Explication rivale, qui rendrait le repas superflu pour rendre compte de l'écart.
« Manger à heure fixe compte davantage que manger de… » — Elle oppose deux facteurs que les chercheurs n'ont pas séparés, et n'est requise par aucun d'eux.
La bonne réponse : « Les enfants qui rentrent déjeuner chez eux ne prennent… » — la comparaison que le paragraphe laisse dans l'ombre.
Exercice 2
Au cours d'un débat sur la ville, l'urbaniste Cohen-Tal a déclaré : « Une bonne place publique est une place qu'on traverse. » Beaucoup ont compris qu'elle devait être commode et bien reliée aux rues voisines. L'architecte Barouk objecte pourtant : « Il n'est pas question d'efficacité. On ne s'arrête que là où l'on passait pour autre chose ; une place où l'on se rend exprès reste vide, une place qu'on traverse se remplit de gens qui ne l'avaient pas prévu. » Selon Barouk, que voulait dire Cohen-Tal ?
Voir la réponse et le corrigé
Réponse : D Une place se remplit de ceux qui la traversaient pour une autre raison et finissent par s'y arrêter
Corrigé :
« Une place doit être commode d'accès et bien reliée aux… » — C'est la lecture courante, écartée par Barouk dès sa première phrase.
« Une place réussie est celle où personne ne s'attarde… » — Contresens. Barouk explique justement comment une place se remplit, non comment on n'y reste pas.
« Une place se remplit de ceux qui la traversaient pour… » — C'est la réponse : le passage d'abord, l'arrêt imprévu ensuite — les deux temps de la relecture de Barouk.
« Une place doit offrir assez d'activités pour qu'on ait… » — C'est exactement ce que Barouk refuse : la place où l'on se rend exprès reste vide.
La bonne réponse : « Une place se remplit de ceux qui la traversaient pour… » — on s'arrête là où l'on passait pour autre chose.
Exercice 3
Une ministre déclare : « Je n'ai jamais dit que ce programme serait financé sans impôt nouveau ; j'ai dit qu'il ne serait pas financé par un impôt sur les salaires. » Qu'est-ce qui ne découle pas de ses propos ?
Voir la réponse et le corrigé
Réponse : B La ministre a annoncé la création d'un impôt nouveau
Corrigé :
« La ministre a déclaré que le programme ne serait pas… » — Elle découle. C'est la seconde moitié de la phrase, telle qu'elle la revendique.
« La ministre n'exclut pas la création d'un impôt nouveau » — Elle découle. Refuser d'avoir écarté un impôt nouveau laisse la porte ouverte, sans quoi la précision n'aurait aucun sens.
« La ministre a annoncé la création d'un impôt nouveau » — C'est la réponse : ne pas exclure n'est pas annoncer. La ministre corrige ce qu'on lui prête, elle n'annonce rien.
« On a prêté à la ministre l'idée d'un financement sans… » — Elle découle. On ne dément que ce qui a été affirmé quelque part.
La bonne réponse : « La ministre a annoncé la création d'un impôt nouveau » — laisser une possibilité ouverte n'est pas la décider.
Exercice 4
Un vétérinaire explique : « Ce vaccin ne protège les chiots que s'ils ont été nourris par leur mère les premiers jours ; ceux-ci ne l'ont pas été, et le vaccin n'a donc rien donné. » Dans lequel des cas suivants l'explication ressemble le plus à la sienne ?
Voir la réponse et le corrigé
Réponse : C Cet engrais n'agit que sur un sol déjà humide ; le champ était sec, et la récolte n'a pas augmenté
Corrigé :
« Cet engrais n'agit que sur un sol déjà humide ; le… » — C'est la réponse : le remède existe, sa condition d'efficacité manque, donc aucun effet. Le squelette est identique, mot pour mot.
« Le médicament n'a pas soulagé les patients, la… » — Un obstacle de calendrier, et non une condition d'efficacité qui ferait défaut.
« L'équipe a mieux figuré au classement sans progresser,… » — Le classement sans progrès, avec une conclusion positive.
« Les ventes du disquaire ont chuté après l'ouverture… » — La cause écartée par l'antériorité de l'effet.
La bonne réponse : « Cet engrais n'agit que sur un sol déjà humide ; le… » — la condition d'efficacité fait défaut dans les deux cas.
Exercice 5
Voici une citation tirée d'un catalogue d'exposition : « On aurait tort de croire que ces peintures n'ont pas été faites pour être vues ; ce qui est vrai, c'est qu'elles n'ont pas été faites pour être vues par nous. » Quelle proposition exprime le mieux le contenu de la citation ?
Voir la réponse et le corrigé
Réponse : B Selon l'auteur, ces peintures s'adressaient bien à des spectateurs, mais pas à ceux d'aujourd'hui
Corrigé :
« Selon l'auteur, ces peintures n'étaient destinées au… » — Elle affirme ce que la première moitié de la citation déclare erroné.
« Selon l'auteur, ces peintures ne peuvent pas être… » — Ajout. Ne pas être le destinataire d'une œuvre n'empêche pas de la comprendre, et la citation ne dit rien de la compréhension.
« Selon l'auteur, ces peintures ont été faites pour être… » — Durcissement. La citation leur donne un public, elle ne dit pas qu'il était vaste.
« Selon l'auteur, ces peintures s'adressaient bien à des… » — C'est la réponse : un public réel d'un côté, l'exclusion du nôtre de l'autre — les deux moitiés de la phrase.
La bonne réponse : « Selon l'auteur, ces peintures s'adressaient bien à des… » — un public, mais pas le nôtre.
Exercice 6
Le directeur d'un festival déclare : « Sans le refus de la commune de nous prêter le théâtre, nous n'aurions jamais joué dans la cour de l'école, où nous avons enfin trouvé notre public. » Qu'est-ce qui ne découle pas de ses propos ?
Voir la réponse et le corrigé
Réponse : D Le festival avait demandé le théâtre parce que la cour de l'école était trop petite
Corrigé :
« La commune a refusé de prêter le théâtre au festival » — Elle découle. Le refus est supposé acquis par la tournure « sans le refus de la commune ».
« Le festival a joué dans la cour de l'école » — Elle découle. C'est ce que le refus a rendu possible, de son propre aveu.
« Le festival avait demandé le théâtre parce que la cour… » — C'est la réponse : le motif de la demande initiale n'est nulle part dans la phrase, et la cour a fort bien fonctionné.
« Le festival a trouvé son public dans la cour de l'école » — Elle découle. La proposition relative le dit en toutes lettres.
La bonne réponse : « Le festival avait demandé le théâtre parce que la cour… » — le motif prêté à la demande n'est pas dans le texte.
Exercice 7
Voici une citation tirée d'un rapport sur la lecture : « Ce n'est pas parce qu'ils manquent de temps que ces élèves lisent peu ; c'est parce que rien, dans leur journée, ne les met en présence d'un livre. » Quelle proposition exprime le mieux le contenu de la citation ?
Voir la réponse et le corrigé
Réponse : C Selon l'auteur, ces élèves lisent peu faute de rencontrer des livres, et non faute de temps
Corrigé :
« Selon l'auteur, ces élèves lisent peu faute de… » — C'est la réponse : la cause écartée et la cause retenue, dans l'ordre où la citation les pose.
« Selon l'auteur, ces élèves manquent de temps libre… » — Elle affirme la cause que la citation écarte d'emblée.
« Selon l'auteur, ces élèves liraient davantage si leurs… » — Contresens. Si le temps n'est pas en cause, en libérer davantage ne changerait rien.
« Selon l'auteur, ces élèves n'éprouvent aucun goût pour… » — Ajout. Le manque d'occasions n'est pas un manque de goût, et la citation ne parle que du premier.
La bonne réponse : « Selon l'auteur, ces élèves lisent peu faute de… » — l'occasion manque, pas le temps.
Exercice 8
Dans une ville de la plaine côtière, le nombre de piétons blessés a diminué après que les feux ont été programmés pour laisser plus de temps à la traversée. Le service de la voirie en conclut que la durée du feu vert piéton est un facteur de sécurité. Sur quelle présupposition repose sa conclusion ?
Voir la réponse et le corrigé
Réponse : D Une part appréciable de ces accidents survenait pendant la traversée de la chaussée
Corrigé :
« Les piétons de cette ville étaient blessés surtout la… » — Détail sans effet sur le raisonnement, qui ne distingue ni le jour ni la nuit.
« Allonger encore la durée du feu ferait disparaître… » — Renfort, non condition. Un allongement qui réduit sans supprimer suffit pleinement à la conclusion.
« Une part appréciable de ces accidents survenait… » — C'est la réponse : un feu plus long ne peut agir que sur les accidents de traversée. Niez-la, et la baisse réclame aussitôt une autre explication.
« La circulation automobile a diminué dans la ville… » — Explication rivale, qui affaiblirait la conclusion au lieu de la porter.
La bonne réponse : « Une part appréciable de ces accidents survenait… » — sans accidents de traversée, la durée du feu n'explique rien.
Exercice 9
La directrice d'un musée explique : « Notre nocturne du jeudi n'a pas fait venir les gens qui travaillent, parce qu'elle se termine à l'heure où ils quittent leur bureau. » Dans lequel des cas suivants l'explication ressemble le plus à la sienne ?
Voir la réponse et le corrigé
Réponse : D Les cours du soir n'ont pas profité aux salariés qu'ils visaient, puisqu'ils commencent avant la fin de leur journée de travail
Corrigé :
« Les cours du soir n'ont pas profité aux salariés… » — C'est la réponse : la mesure existe, mais son horaire la rend inaccessible à ceux qu'elle visait. Le squelette est le même sur un tout autre sujet.
« Le musée n'a pas pu ouvrir sa nocturne : les salles… » — L'appât du sujet identique. On y parle du même musée, et le raisonnement est autre : deux conditions nécessaires, une manquante.
« La fréquentation du musée montait déjà avant… » — La cause écartée par le calendrier.
« Le musée a gagné des visiteurs sans rien changer à ses… » — Le classement sans progrès, sur une conclusion positive.
La bonne réponse : « Les cours du soir n'ont pas profité aux salariés… » — la mesure ne peut pas atteindre son public.
Exercice 10
Interrogé sur sa cuisine, le chef Amar a déclaré : « Une bonne recette est une recette qu'on peut rater. » Beaucoup y ont vu un aveu de difficulté. La critique Zennou écrit pourtant : « Il n'est pas question de complexité. Une recette qu'on ne peut pas rater ne laisse aucune place à celui qui la fait ; là où l'échec est possible, la réussite appartient au cuisinier. » Selon Zennou, que voulait dire Amar ?
Voir la réponse et le corrigé
Réponse : C Une recette vaut par le fait que son résultat dépend de celui qui l'exécute
Corrigé :
« Une bonne recette est difficile et réclame de… » — C'est la lecture courante, écartée par Zennou dès sa première phrase.
« Une recette vaut par le fait que son résultat dépend… » — C'est la réponse : la place laissée au cuisinier, et la réussite qui lui revient — toute la relecture de Zennou tient là.
« Un cuisinier apprend davantage de ses échecs que de… » — Hors texte. Zennou parle de ce qu'une recette permet, jamais de ce qu'un échec enseigne.
« Une recette infaillible convient mieux aux débutants… » — Hors texte également : la question des débutants n'est jamais posée.
La bonne réponse : « Une recette vaut par le fait que son résultat dépend… » — la recette vaut par la part qu'elle laisse à celui qui la fait.
Exercice 11
Le raisonnement : « Le nouvel entraîneur n'a pas fait progresser l'équipe, car ce sont les remplaçants qu'il entraîne, et ils ne jouent jamais. » Affirmation : l'explication « La formation en informatique n'a pas accéléré le service, car seuls l'ont suivie des employés qui ne traitent aucun dossier » a le même squelette.
Voir la réponse et le corrigé
Réponse : Vrai
Corrigé :
Dans les deux cas, la mesure existe mais ne touche pas ceux dont dépend le résultat.
Et les deux conclusions sont négatives.
Vrai. La mesure qui rate sa cible, sur un tout autre sujet.
Exercice 12
« Ce n'est que depuis que j'ai appris le portugais que je peux lire les lettres de mon grand-père », dit Yaël. Rangez chaque phrase.
Voir la réponse et le corrigé
Réponse : Yaël a appris le portugais — Découle · Avant d'apprendre le portugais, Yaël ne pouvait pas lire ces lettres — Découle · Aujourd'hui, Yaël peut lire ces lettres — Découle · Yaël a lu toutes les lettres de son grand-père — Ne découle pas · Le grand-père de Yaël est né au Portugal — Ne découle pas
Corrigé :
« Ce n'est que depuis… que je peux » affirme les deux moitiés, et suppose l'apprentissage fait.
Pouvoir lire n'est pas avoir tout lu ; le lieu de naissance du grand-père n'est jamais évoqué.
Le piège : lire « je peux » comme « je l'ai fait ».