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Sujet 2. Vous avez trente-cinq minutes et au moins vingt-cinq lignes à écrire. Le sujet s'affiche dès que le chronomètre part.
Les réserves naturelles les plus connues d'Israël reçoivent chaque année des centaines de milliers de visiteurs. Les jours de vacances, on y attend son tour pour marcher, et les sentiers s'élargissent d'année en année sous les pas.
Certains demandent que l'on limite le nombre d'entrées quotidiennes dans les sites les plus fréquentés, par une réservation obligatoire. Selon eux, un site que l'on abîme n'est plus un site que l'on protège ; la faune s'éloigne des sentiers devenus bruyants ; et une visite partagée avec trois mille personnes ne ressemble plus à ce que l'on était venu chercher.
D'autres s'y opposent. La nature appartient à tous, et une réservation obligatoire finit toujours par favoriser ceux qui savent s'organiser à l'avance, au détriment des familles qui décident le matin même. Ils ajoutent que les visiteurs écartés n'iront pas dormir chez eux : ils se répandront dans des vallées non aménagées et sans gardes, où ils feront bien plus de dégâts.
À votre avis, faut-il limiter par une réservation obligatoire le nombre de visiteurs dans les réserves naturelles les plus fréquentées ? Étayez votre réponse.
Un site naturel n'est pas une salle de spectacle : on ne peut pas l'agrandir le jour où il se remplit. Or les réserves les plus connues du pays reçoivent aujourd'hui plus de visiteurs qu'aucun sentier n'en peut porter. On peut dès lors se demander s'il faut en limiter l'accès par une réservation obligatoire. Pour ma part, je pense qu'une limite est devenue nécessaire, à condition qu'une part des places reste ouverte le jour même.
Il est vrai que l'objection principale mérite d'être entendue. La nature n'appartient à personne, et une réservation à l'avance avantage toujours celui qui sait l'anticiper : une famille qui décide au petit matin, un père dont les jours de congé ne se choisissent pas, un visiteur de passage se heurteraient à une barrière. De plus , les visiteurs refoulés ne rentrent pas chez eux : ils se répandent dans des vallées sans sentier ni garde, où ils allument des feux et laissent leurs déchets. Ces arguments sont sérieux.
Toutefois , ils supposent tous que le site pourra continuer d'absorber ce qu'on lui demande, et c'est précisément ce qui est faux : un sentier n'a pas de capacité extensible, et le dommage qu'il subit ne se répare pas à l'échelle d'une vie humaine. Un sol piétiné met des décennies à se reformer, une source polluée ne se nettoie pas, et un bouquetin qui a quitté un versant n'y revient pas parce que la saison est terminée. Ainsi , la question n'est pas de savoir si l'on veut limiter, mais qui limitera : une réservation aujourd'hui, ou la disparition du site demain. C'est la raison pour laquelle ne rien faire n'est pas une position neutre.
Par ailleurs , l'argument de l'égalité se retourne. Sans limite, l'accès n'est pas plus juste : il est simplement décidé par la file d'attente, c'est-à-dire par ceux qui peuvent arriver à six heures du matin en voiture. À titre d'exemple , une famille sans véhicule qui arrive en autocar à onze heures ne trouve déjà plus ni place à l'ombre ni sentier praticable, sans qu'aucune règle ne l'ait écartée. Or une réservation, elle, peut être conçue pour corriger cela — ce qu'une file d'attente ne fera jamais toute seule.
Pour conclure , il me semble qu'une limite quotidienne est justifiée, parce qu' un site abîmé ne se rouvre pas. Elle ne doit toutefois pas se réduire à un formulaire en ligne : une part des entrées — un tiers, par exemple — devrait rester ouverte le jour même, sur place, pour ceux qui n'ont pas planifié leur samedi. Mieux vaut une porte étroite ouverte à tous qu'une porte large qui se referme sur un site mort.
Elle répond au verbe de la question — « limiter » — et dit oui dès l'introduction, avec sa condition.
Elle prend au sérieux l'objection d'égalité, qui est la plus forte du camp adverse, au lieu de la caricaturer.
Elle apporte deux idées absentes de l'encadré : le dommage qui ne se répare pas à l'échelle d'une vie, et la file d'attente qui trie déjà les visiteurs sans le dire.
Elle retourne l'argument adverse au lieu de le nier : c'est l'absence de règle qui est inégalitaire.
Chaque argument porte un cas concret — le bouquetin qui ne revient pas, la famille arrivée en autocar.
Sa conclusion ouvre une soupape chiffrée : un tiers des places gardé pour le jour même.
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